Le 09/22/2012 dans Web to Store

Le renouveau du commerce de proximité grâce au web-to-store

On le croyait condamné, face à la concurrence des hypermarchés, des centres commerciaux et du commerce en ligne. Pourtant, le commerce de proximité est toujours présent en France, et connaîtrait même une deuxième vie depuis quelques années, grâce à l’apparition de nouvelles offres et aux nouvelles attentes des consommateurs.

L’INSEE (Institut national de la statistique et des études économiques) comptabilisait, en 2008, 600 000 commerces de proximité, sur un total de 830 000 commerces. Leur nombre a légèrement augmenté depuis 2002, notamment dans les petites villes, alors qu’on enregistre une légère baisse en zone rurale.

À l’échelle nationale, on enregistre une hausse du chiffre d’affaires des supermarchés et des supérettes (en valeur), alors que celui des hypermarchés est en baisse. Les hypermarchés font en effet face à une crise de leur modèle depuis plusieurs années.

Le dynamisme du commerce de proximité s’explique par un relatif maintien de l’alimentaire spécialisé (boulangerie, pâtisserie, boucherie, etc.), mais surtout par un essor très rapide de l’alimentaire non spécialisé (supermarchés, supérettes…).

La loi de modernisation de l’économie de 2008, qui autorise l’ouverture de magasins de moins de 1 000 m2 sans autorisation préalable, a en effet permis une hausse du nombre de petits commerces, notamment des supérettes (120 à 400 m2) en centre-ville.

Le phénomène a été particulièrement marqué en Île-de-France où, selon le CROCIS (Centre régional d’observation du commerce, de l’industrie et des services de Paris), le nombre de supérettes a augmenté de 76 % entre 2001 et 2010, la capitale en comptant plus de 360.

Ces commerces appartiennent majoritairement à de grands groupes de distribution : selon l’INSEE, les réseaux représentent 90 % du secteur de l’alimentaire non spécialisé (surface de vente, chiffre d’affaires et emploi), mais seulement 14 % de l’alimentaire spécialisé.

L’Autorité de la concurrence considérait d’ailleurs, en décembre 2010, que le niveau de concentration du commerce alimentaire de proximité était « préoccupant » dans de nombreuses zones du territoire. Ainsi, à Paris, le groupe Casino détient plus de 60 % des parts de marché du commerce alimentaire .

L’intérêt des grands groupes pour les commerces de proximité ne concerne pas que l’alimentaire. Ainsi, l’enseigne d’électroménager et d’ameublement But va ouvrir huit magasins But City dans des grandes villes, d’une superficie d’environ 1 000 m2 chacun, soit trois à quatre fois moins que les magasins classiques. Parallèlement, des magasins But Cosy (1 500 m2) seront construits à proximité des petites villes (30 000 à 40 000 habitants). Les produits qui ne seront pas en magasin pourront être commandés à partir de bornes tactiles ou auprès des vendeurs, équipés de tablettes. Le premier But City a ouvert à Paris en 2012, et propose certains services innovants comme des animations à l’heure du déjeuner ou la livraison gratuite entre 20 heures et 23 heures dans Paris.

De leur côté, les petits commerces indépendants misent de plus en plus sur les technologies pour attirer et fidéliser leurs clients. Ainsi, des applications mobiles voient le jour pour permettre aux commerçants d’un quartier ou d’une ville de transmettre des informations en temps réel sur leurs produits, leurs promotions, des ventes flashs (pour écouler des stocks), etc. C’est par exemple le cas à Lille, avec l’application Urban mobil .

La ville de Sceaux va mettre en place avec La Poste une conciergerie numérique, permettant de commander sur Internet (via une boutique virtuelle) des produits chez les commerçants de la ville, puis d’aller les retirer à n’importe quelle heure, pendant 10 jours, dans une conciergerie numérique Cityssimo. Une commande passée dans l’après-midi peut ainsi être récupérée même après la fermeture du magasin, la collecte des marchandises étant assurée par la Poste. Le système devrait aussi fonctionner pour les services comme le pressing ou la cordonnerie et, à terme, des consignes pour les produits frais et des livraisons à domicile pourraient être proposées.

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